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Le Québec en télétravail, PARTOUT!

Après les sentiers, le séjour en télétravail : un produit touristique à structurer
9 juillet 2026 par
Le Québec en télétravail, PARTOUT!
Julie Houde


Dans sa chronique « Le Québec en marche » publiée cette semaine dans Tourisme Express, Julie Tardif raconte comment la randonnée pédestre, longtemps portée par des passionnés et des bénévoles, est en train de devenir un véritable produit touristique. Plans directeurs régionaux, investissements dans le Sentier national, démarche de labellisation : la structuration transforme le sentier apprécié des locaux en destination recherchée des voyageurs.

En la lisant, une conviction s'est imposée. Cette histoire est en train de se répéter, mot pour mot, avec une autre pratique : le télétravail.

La leçon des sentiers

Retenons la recette que la randonnée vient de démontrer. Une pratique déjà vivante. Des infrastructures déjà présentes. Puis une vision commune qui relie le tout, le structure et le met en marché. Les plans directeurs n'ont pas creusé de nouveaux sentiers : ils ont relié, balisé et raconté ce qui était déjà là.

Cette recette s'applique intégralement au télétravail. Les travailleurs qui déposent leur ordinateur dans un café de village, les hôtes qui aménagent un coin bureau dans leur auberge, les espaces de travail partagés portés à bout de bras en région : la pratique est vivante, mais dispersée. Comme les sentiers avant leur structuration.

Un motif de séjour, pas un produit... pas encore

Soyons précis. Le télétravail n'est pas un produit touristique en soi. C'est un motif de séjour, comme le congrès l'est pour le tourisme d'affaires. Le produit, c'est le séjour de télétravail : hébergement à la semaine, espace de travail accueillant, connexion fiable, accès aux attraits du territoire.

Et voici la bonne nouvelle pour les régions : les éléments principaux existent déjà. Les auberges, les cafés, les salles de spectacle, les sentiers justement. Le travail n'est pas de bâtir une offre, c'est de l'assembler.

Les attraits deviennent des extensions du séjour

C'est ici que le télétravail se distingue de tous les autres produits. Un sentier attire les marcheurs. Un musée attire les curieux. Chaque attrait vise sa clientèle. Le télétravailleur, lui, choisit sa destination selon ses propres intérêts, et tous les attraits du territoire deviennent des extensions de sa semaine de travail.

Celle qui aime grimper s'installe dans la Matawinie ou dans Charlevoix. Celui qui vit pour la culture choisit Rouyn-Noranda ou le Bas-Saint-Laurent. L'amateur de kayak regarde la Côte-Nord, la passionnée d'histoire, Kamouraska. Une pause de 30 minutes devient une marche au bord du fleuve. Un jeudi soir devient un spectacle. Le loisir s'infiltre dans la semaine au lieu d'être compressé dans une fin de semaine.

Le résultat : des séjours d'une semaine ou plus, des dépenses en hébergement, en restauration et à l'épicerie, étalées sur sept jours et non concentrées le samedi ou dimanche. De l'argent dépensé dans la région, qui reste dans la région, et ce, dans les 17 régions touristiques du Québec. Et contrairement au tourisme traditionnel, cette clientèle travaille en février comme en juillet. Elle remplit les chalets en novembre et les cafés un mardi matin.

Une clientèle d'un million de personnes, ici même

On associe souvent cette clientèle aux nomades numériques, ces quelque 40 millions de travailleurs qui parcourent le monde selon MBO Partners. Mais le vrai bassin est beaucoup plus large et beaucoup plus proche. Selon l'Institut de la statistique du Québec, environ 35 % de la main-d'œuvre québécoise pratique le télétravail, la majorité en mode hybride. C'est plus d'un million de personnes, ici même, qui peuvent travailler ailleurs quelques jours ou quelques semaines par année. Sans visa, sans vol transatlantique, sans conversion de devise.

Statistique Canada observe d'ailleurs une tendance révélatrice : pendant que le télétravail de proximité recule, les télétravailleurs qui vivent loin de leur lieu d'emploi se maintiennent et augmentent même en proportion. Le télétravail ne disparaît pas. Il s'éloigne du bureau. Toute la question est de savoir vers où.

D'autres territoires ont déjà répondu. Dès 2021, Madère lançait son Digital Nomad Village à Ponta do Sol : espaces de travail, communauté d'accueil, partenariats avec les hébergeurs et les commerces locaux. L'objectif affiché était précisément touristique : allonger les séjours et combattre la saisonnalité. Le Québec possède ce qu'aucun visa ne peut créer : des territoires vastes et authentiques, quatre vraies saisons, des villages à l'accueil légendaire et, pour le marché nord-américain, le même fuseau horaire. Ce qui manque, ce n'est pas l'attrait. C'est la structuration.

Du lieu apprécié des locaux à la destination recherchée

Julie Tardif conclut sa chronique en soulignant que ce qui se construit autour de la randonnée n'est pas qu'un réseau de sentiers, mais un produit touristique. La même conclusion attend le télétravail. Ce qui pourrait se construire au Québec, ce n'est pas qu'un réseau de lieux de travail. C'est une offre de séjours de télétravail assemblée région par région, à partir des hébergements, des espaces et des attraits qui existent déjà, reliée par une vision commune et mise en marché comme telle.

La randonnée pédestre vient de tracer le chemin : quand une pratique portée par des passionnés rencontre une volonté de structuration, elle devient un levier économique pour toutes les régions. Le télétravail est la prochaine pratique à mettre en marche. Un million de Québécois n'attendent que l'invitation. Et imaginez tous ceux autour du globe!

Alors lançons-la, cette invitation. Hébergeurs, pensez en semaines plutôt qu'en nuitées. Attraits, accueillez le mardi matin comme le samedi après-midi. ATR, MRC et municipalités, ajoutez le séjour de télétravail à vos planifications, comme vous le faites déjà pour les sentiers.

Chez PARTOUT chez nous, c'est le chemin que nous traçons depuis le début : repérer les lieux, relier les hôtes, bâtir les outils et accompagner les territoires qui veulent structurer leur offre de séjours de télétravail. Le mouvement est lancé, la clientèle existe, la recette est démontrée. Votre région est-elle prête à recevoir cette clientèle? Venez nous en parler. La porte est ouverte, PARTOUT.


Julie Houde est cofondatrice de PARTOUT chez nous
On connecte les télétravailleurs à des lieux inspirants pour travailler autrement, et on fait des régions du Québec des destinations où vivre, travailler et explorer à son rythme. Votre territoire ou votre entreprise veut structurer son offre de séjours de télétravail? Vienez-nous nous jaser. 
Travailler PARTOUT™, vivre pleinement.

Références

  1. Julie Tardif, « Le Québec en marche », Tourisme Express, 8 juillet 2026. tourismexpress.com/nouvelles/le-quebec-en-marche-par-julie-tardif
  2. Institut de la statistique du Québec, « Portrait du télétravail au Québec en 2022 : un phénomène à géométrie variable », février 2024. statistique.quebec.ca/fr/communique/portrait-teletravail-quebec
  3. Statistique Canada, Enquête sur la population active, données sur le télétravail selon la distance du lieu d'emploi, analysées dans Le Devoir, « De moins en moins de télétravail, mais de plus en plus loin », juillet 2024.
  4. MBO Partners, State of Independence in America, estimation du nombre de nomades numériques dans le monde.
  5. Startup Madeira et gouvernement régional de Madère, Digital Nomad Village, Ponta do Sol, lancé en février 2021. digitalnomads.startupmadeira.eu
Le Québec en télétravail, PARTOUT!
Julie Houde 9 juillet 2026
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