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Réapprendre à écouter son rythme, simplement

Une réflexion personnelle sur le corps, le temps et le travail vivant
14 janvier 2026 par
Réapprendre à écouter son rythme, simplement
Julie Houde

En ce début d’année, je réapprends à habiter mon temps


En ce début d’année, je n’ai pas pris de résolutions. Je suis arrivée aux Fêtes épuisée, à force de naviguer entre un emploi et une startup, de jongler avec des responsabilités multiples, des attentes parfois contradictoires et des rythmes qui ne s’alignaient pas toujours naturellement. J’avais tenu longtemps par la volonté, par l’organisation, par la capacité à faire entrer beaucoup de choses dans des journées déjà pleines. Mais le corps, lui, avait commencé à dire autre chose. Plus doucement au début, puis de façon plus insistante. Il m’indiquait qu’il était temps de m’arrêter autrement que par l’épuisement.

Plutôt que de repartir sur une nouvelle série d’objectifs ou de résolutions, j’ai ressenti le besoin de ralentir et d’écouter. Le temps des Fêtes m’a offert cet espace : réfléchir, ralentir, porter attention à mon énergie, à ses variations, à mes élans et à mes limites. Être flexipreneure, c’est vivre dans un entre-deux permanent, où le travail salarié et le projet entrepreneurial cohabitent, parfois harmonieusement, parfois dans une tension constante. Pendant longtemps, j’ai cherché à ajuster mes agendas, mes priorités, mes méthodes de travail, sans vraiment questionner mon rythme. Jusqu’à ce que je comprenne que le problème n’était pas tant ce que je faisais, mais la façon dont je m’y engageais, souvent en décalage avec mon corps.

C’est dans ce contexte que je me suis intéressée au rythme circadien. Pas comme une méthode à appliquer à la lettre, ni comme une nouvelle norme à respecter, mais comme une grille de lecture plus douce, plus humaine. Comprendre que ma concentration n'est pas égale  tout au long de la journée, que certaines heures appellent naturellement la profondeur et le calme, alors que d’autres sont plus propices aux échanges, au mouvement ou au lien. Reconnaître que les baisses d’énergie ne sont pas des failles à corriger, mais des signaux à écouter. Cette prise de conscience m’a permis de relâcher une forme de pression intérieure et d’accepter que travailler avec le vivant implique de renoncer à une constance artificielle.

Tout récemment, le rythme circadien est entré dans ma réflexion comme une manière nouvelle d’observer mes journées. J’y apprends à reconnaître des mouvements, des ambiances, des états intérieurs qui reviennent, sans jamais être tout à fait identiques d’un jour à l’autre.

  • Le matin, quand l’esprit est encore clair et peu encombré. Un moment propice à la concentration silencieuse, à l’écriture, à la réflexion en profondeur, à tout ce qui demande de la présence et peu de dispersion. J’y place souvent le travail de fond, la création, la structuration, ou simplement le temps de penser.
  • Autour de midi, lorsque l’énergie se fait plus diffuse. Le corps digère, l’attention se relâche. C’est un temps pour ralentir, manger sans se presser, marcher, s’éloigner des écrans, laisser le mental se déposer sans chercher à être productif.
  • En début d’après-midi, l’élan change de forme. Moins tourné vers l’analyse, plus ouvert au lien, aux échanges, aux conversations. J’y retrouve plus naturellement les rencontres, les appels, les collaborations, le travail partagé, parfois aussi une création plus intuitive.
  • En fin de journée, le corps retrouve souvent une autre vitalité. L’envie de bouger, de marcher, d’explorer, de faire circuler l’énergie. Le mouvement, l’activité physique ou le temps passé dehors prennent alors tout leur sens.
  • Le soir, enfin, quand la lumière baisse et que le besoin de calme s’installe. Un moment pour fermer la journée doucement, s’offrir un souper léger, lire, écrire pour soi, échanger sans urgence, ralentir les gestes et laisser la nuit préparer le repos.
Ces moments ne sont ni fixes ni obligatoires. Ils se déplacent, se transforment, s’adaptent aux saisons, aux lieux et aux contextes. Je les accueille comme des repères souples, des invitations à écouter plutôt qu’à contrôler, à composer avec ce qui est vivant plutôt qu’à lutter contre moi-même.


Faire une pause, aussi.

Peu à peu, j’apprends à composer autrement avec mes journées. Quand c’est possible, je garde les moments de clarté pour le travail de fond, j’accepte les transitions sans culpabilité, je place les échanges lorsque l’ouverture est là, et surtout, j’essaie de m’arrêter avant d’atteindre l’épuisement. 

Ce chemin m’amène aussi à apprendre à dire non. Non à certaines demandes, non à certaines urgences qui ne sont pas les miennes, non à l’idée que tout doit être fait immédiatement. Dire non n’est pas un rejet du travail, mais un choix de durabilité. C’est une façon de dire oui autrement, à mon énergie, à ma créativité, à une qualité de présence que je souhaite préserver dans le temps.

Aujourd’hui, je ne cherche pas un équilibre parfait ni un rythme figé. Je cherche un équilibre ajustable, capable d’évoluer avec les saisons de ma vie, de mon travail et de mon corps. Prendre plus de temps pour moi, accepter que certaines journées soient lentes et d’autres plus intenses, reconnaître que ce mouvement est normal et nécessaire. Je sais que je ne veux plus revenir à l’état d’épuisement que j’ai connu, non par peur, mais par respect pour ce que je construis et pour la façon dont je souhaite habiter ma vie.

Quand on parle de rythme et de vivant chez PARTOUT chez nous, c’est aussi de cela qu’il est question. Apprendre en cours de chemin, observer, ajuster, se laisser transformer par l’expérience. Reconnaître que le travail, le corps, les lieux et les cycles sont profondément liés, et que l’équilibre de vie ne se trouve pas une fois pour toutes, mais se cultive, jour après jour. 

Ce début d’année n’est donc pas un nouveau départ spectaculaire, mais un réapprentissage patient de mon temps, de mon énergie et de mes limites, avec l’intention de rester en dialogue avec le vivant, en moi comme autour de moi.

Et si habiter pleinement notre travail passait d’abord par habiter autrement nos journées ?
Comment ça résonne en toi?

– Julie, co-fondatrice de PARTOUT chez nous  
info@partoutcheznous.ca
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Réapprendre à écouter son rythme, simplement
Julie Houde 14 janvier 2026
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