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L'automne déborde? Ton temps t'appartient quand même

13 octobre 2026 par
L'automne déborde? Ton temps t'appartient quand même
Julie Houde

En bref : L'automne remplit notre agenda, mais c'est souvent notre tête qui déborde le plus. Des études montrent qu'une heure de marche en nature améliore l'attention et réduit les pensées en boucle, et que l'émerveillement donne l'impression d'avoir plus de temps. Deux heures par semaine dans la nature, même en petites sorties, sont associées à une meilleure santé et à un plus grand bien-être.

Septembre est arrivé avec son fardeau. La rentrée, les dossiers qui reprennent, les événements qui s'enchaînent, l'agenda qui se remplit plus vite qu'il se vide. Et quelque part en octobre, on se surprend tous à dire « je n'ai pas le temps! » dix fois par jour.

Ce matin, Maëlle (notre spécialiste de médias sociaux) m'a envoyé une vidéo qu'elle a tournée en forêt. Ça m'a frappée! Son chien assis dans les feuilles, le museau levé à sentir. Sa chatte couchée sur un vieux tronc, qui revient vers la caméra quand elle décide de revenir. Pas avant, à son rythme.

Eux n'ont pas d'agenda qui déborde. Ils sont là, c'est tout.

Je l'ai regardée deux fois. Puis une troisième. Et je me suis rendu compte que pendant ces quarante-six secondes, ma tête s'était calmée.

Je ne te dirai pas de vivre comme un chat (même si l'idée est tentante). Tu as des courriels, des échéances, des gens qui comptent sur toi. Mais sa vidéo m'a rappelée une chose qu'on oublie dès que l'automne s'accélère : le temps ne nous file pas entre les doigts. C'est nous qui oublions de l'habiter consciemment.

« Je n'ai pas le temps »

Le verbe prendre vient du latin prehendere, qui veut dire saisir. Prendre le temps, ce n'est donc pas en trouver, comme on trouverait de l'argent oubliée dans le fond d'une poche. C'est de le saisir. Le tenir. Le garder un moment pour soi.

Quand on dit « je n'ai pas le temps », on sous-entend que le temps appartient à quelqu'un d'autre : au patron, aux clients, au calendrier partagé. Comme si on était à sa merci, victime de ce temps qui nous manque.

Eckhart Tolle, dans Le pouvoir du moment présent, fait une distinction qui m'aide beaucoup à cette période de l'année. Il y a le temps d'horloge, celui qui sert à se rendre à un rendez-vous ou à remettre un dossier. Celui-là est utile, qui donne un cadre de référence, et l'automne en est rempli. Puis il y a le temps psychologique, celui où le mental vit dans ce qui s'en vient ou dans ce qui n'est pas encore fait. Celui-là, on le traîne partout, même au souper, même dans le lit à 23 h.

Ce n'est pas le premier qui nous épuise. C'est le second. Quand on vit dans le temps psychologique, on est partout sauf là où on est vraiment. On n'habite pas notre temps, on court après.

Le moment présent, lui, ne passe jamais. Il est toujours là. Éternel.

Le travail déborde, la tête aussi

Ce qui déborde à l'automne, ce n'est pas seulement l'agenda. C'est la tête. Et dans une tête encombrée, chaque décision devient lourde. Dire oui à ce projet ou non? Accepter cette invitation? Répondre maintenant ou demain? Quand tout se bouscule, même les petits choix demandent un effort énorme, et on finit souvent par dire oui à tout, faute d'avoir l'espace pour y penser.

Les chercheurs ont mesuré ce que la nature fait à ce chaos. À l'Université du Michigan, des participants qui avaient marché environ une heure dans un arboretum ont amélioré d'environ 20 % leurs résultats à un test de mémoire et d'attention. Après la même marche en ville, aucune amélioration [1]. Or, c'est cette attention-là qu'on utilise pour trier, prioriser et choisir.

À Stanford, une autre équipe a comparé une marche de 90 minutes en nature à une marche le long d'une rue achalandée. Les participants qui avaient marché en nature rapportaient ensuite moins de pensées en boucle, et l'activité d'une zone du cerveau associée à la rumination avait diminué [2].

Je le sens chaque fois que je pars marcher en montagne. Après une heure dans le sentier, je me sens vivante, connectée, calme. Plus rien n'est urgent. Et souvent, au retour, la décision qui me tourmentait s'est éclaircie.

Encore faut-il décrocher. Marcher en forêt en repassant sa liste dans sa tête ou en répondant à ses courriels, ça ne fait pas le même effet. Le calme ne vient pas seulement du décor. Il vient du moment où on lève les yeux, où on s'arrête devant la lumière dans les érables, où l'émerveillement prend la place du mental. C'est ça, habiter son temps. La nature ne règle pas tes dossiers. Elle fait de l'espace dans ta tête. Moins de pensées, plus d'espace, et c'est dans cet espace que l'ordre se fait. Une tête qui respire sait mieux dire oui, et surtout non.

La nature étire le temps

Et là, c'est la partie qui me fascine le plus!

Des chercheuses de Stanford et de l'Université du Minnesota ont étudié l'effet de l'émerveillement, ce sentiment qu'on éprouve devant quelque chose de plus grand que soi, comme un paysage grandiose. En laboratoire, à partir de simples vidéos ou de courts récits, les participants qui venaient de ressentir l'émerveillement avaient l'impression d'avoir plus de temps devant eux. Ils étaient moins d'accord avec des affirmations comme « le temps me file entre les doigts », se montraient plus patients et plus enclins à donner de leur temps aux autres [3].

L'explication des chercheuses : l'émerveillement nous ramène dans le moment présent, et c'est ce retour au présent qui change notre perception du temps.

Si quelques minutes en laboratoire y arrivent, imagine une vraie forêt. En octobre au Québec, avec ses jaunes, ses rouges et sa lumière basse, elle est probablement l'une des sources d'émerveillement les plus accessibles qui soient. Pas besoin d'un voyage au bout du monde. Il suffit parfois de lever le nez, comme le chien dans la vidéo.

Et ça, je trouve ça libérateur : le sentiment de manquer de temps n'est pas une mesure objective. C'est une perception. Et une perception, ça se change.

Deux heures par semaine, en petits morceaux

Correct, mais combien de temps ça prend? Bonne nouvelle : moins qu'on pense.

Une grande étude britannique menée auprès de près de 20 000 personnes a observé que celles qui passaient au moins 120 minutes par semaine dans la nature étaient nettement plus nombreuses à se dire en bonne santé et satisfaites de leur vie. Et peu importait que ces deux heures soient prises d'un coup ou en plusieurs petites sorties [4]. Il s'agit d'une association, pas d'une preuve de cause à effet, mais le résultat a tenu chez tous les groupes étudiés.

Ici, au Québec, la Sépaq a confié à une équipe de l'Institut de cardiologie de Montréal, menée par le Dr Louis Bherer, une vaste revue de la littérature scientifique sur le sujet. Leur conclusion: le contact avec la nature a des effets positifs sur la santé globale, dont une réduction du stress et de l'anxiété [5].

Deux heures par semaine, c'est environ vingt minutes par jour. Même en pleine rentrée, ça se trouve. Ou plutôt, ça se prend.

Et toi, comment habites-tu ton temps?

Je n'ai pas de recette. Pas de routine à optimiser, pas de défi de trente jours. Juste ce qui m'aide, moi, et quelques questions pour toi.

Sortir entre deux rencontres. 
Pour moi, vingt minutes dehors, le téléphone dans la poche, changent la couleur de tout l'après-midi. Et toi, c'est quand, la dernière fois que tu as pris l'air sans raison?

Déplacer une matinée. 
Quand je peux, je travaille quelque part où je vois des arbres ou de l'eau. Un café de village, un gîte, une bibliothèque en région. C'est pour ça que PARTOUT chez nous existe. 

As-tu, toi aussi, un lieu qui te laisse respirer?
Regarder vraiment. Quarante-six secondes. Un arbre, le ciel, un oiseau à la mangeoire. Sans rien faire d'autre. Qu'est-ce qui te fait lever le nez, toi?

L'automne va continuer à déborder d'ouvrage, de projets, d'invitations. Mais ton temps, lui, t'appartient encore. Il suffit de l'habiter, un moment à la fois.

Et toi, qu'est-ce qui t'aide à habiter ton temps quand l'automne s'emballe? 
Je suis curieuse de te lire.


Questions fréquentes sur le temps et la nature


Que veut dire « prendre le temps »? 
Le verbe prendre vient du latin prehendere, qui veut dire saisir. Prendre le temps, ce n'est pas en trouver plus, c'est s'en saisir au lieu de le subir, et habiter le moment présent plutôt que de vivre dans ce qui s'en vient.

Pourquoi la nature aide-t-elle à prendre de meilleures décisions? 
Une étude de l'Université du Michigan a montré qu'une marche d'environ une heure dans un arboretum améliorait d'environ 20 % les résultats à un test de mémoire et d'attention, ce que la même marche en ville ne faisait pas. Une étude de Stanford a aussi observé moins de pensées en boucle après 90 minutes de marche en nature. Moins de pensées, c'est plus d'espace pour trier et choisir.

L'émerveillement change-t-il notre perception du temps? 
Oui. Des chercheuses de Stanford et de l'Université du Minnesota ont montré en laboratoire que les personnes qui ressentaient de l'émerveillement avaient l'impression d'avoir plus de temps devant elles et se montraient plus patientes, parce que l'émerveillement ramène au moment présent.

Combien de temps faut-il passer dans la nature chaque semaine? Une étude britannique menée auprès de près de 20 000 personnes associe au moins 120 minutes par semaine dans la nature à une meilleure santé et à un plus grand bien-être, que ces deux heures soient prises d'un coup ou en plusieurs petites sorties. Au Québec, une revue de la littérature réalisée pour la Sépaq par l'Institut de cardiologie de Montréal confirme que le contact avec la nature réduit le stress et l'anxiété.

Comment profiter de la nature quand on télétravaille? 
En sortant marcher entre deux rencontres, en déplaçant une matinée de travail dans un lieu avec vue sur les arbres ou sur l'eau, ou en prenant quelques minutes pour simplement regarder dehors. PARTOUT chez nous connecte les SloNomads à des lieux inspirants partout au Québec, comme des cafés de village, des gîtes et des bibliothèques, pour travailler dans un lieu qui laisse respirer.


Bouger sans se déraciner. Explorer sans courir. Travailler PARTOUT™, vivre pleinement.

Julie, cofondatrice de PARTOUT chez nous, 
un réseau québécois qui connecte les télétravailleurs 
à des lieux inspirants pour travailler et vivre autrement
 
Je marche en montagne aussi souvent qu'elle le peut!

Sources

[1] Berman, M. G., Jonides, J. et Kaplan, S., « The cognitive benefits of interacting with nature », Psychological Science, 2008. https://news.umich.edu/?p=6892

[2] Bratman, G. N. et coll., « Nature experience reduces rumination and subgenual prefrontal cortex activation », PNAS, 2015. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4507237/

[3] Rudd, M., Vohs, K. D. et Aaker, J., « Awe Expands People's Perception of Time, Alters Decision Making, and Enhances Well-Being », Psychological Science, 2012. https://www.gsb.stanford.edu/insights/jennifer-aaker-how-feel-you-have-more-time

[4] White, M. P. et coll., « Spending at least 120 minutes a week in nature is associated with good health and wellbeing », Scientific Reports, 2019. https://www.sciencedaily.com/releases/2019/06/190613095227.htm

[5] Institut de cardiologie de Montréal, « Les bienfaits de la nature sur la santé globale », rapport réalisé pour la Sépaq, 2021. https://www.quebec.ca/nouvelles/actualites/details/revue-de-litterature-scientifique-le-contact-avec-la-nature-reduit-le-stress-et-lanxiete-32288

Référence : Tolle, Eckhart, Le pouvoir du moment présent, Éditions Ariane.

L'automne déborde? Ton temps t'appartient quand même
Julie Houde 13 octobre 2026
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