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Série SloNomades (1/4) : Travailler PARTOUT tout en étant vraiment présent quelque part

February 11, 2026 by
Série SloNomades (1/4) : Travailler PARTOUT tout en étant vraiment présent quelque part
Julie Houde

Le télétravail permet aujourd’hui de travailler de n’importe où. Mais comment éviter de traverser les lieux sans vraiment les habiter ? Dans cette série SloNomades, nous explorons une autre manière de vivre le travail en mobilité : ralentir, s’ancrer et être pleinement présent, même en mouvement.

Le paradoxe du télétravail nomade

Depuis quelques années quelques années, je me surprends à sourire en pensant à cette promesse du télétravail : « Tu peux travailler de n’importe où. » 

J’ai moi-même souvent ouvert mon ordinateur dans des lieux incroyables : un café lumineux, un chalet au bord de l’eau, dans ma van. Et pourtant… Combien de fois ai-je réalisé, en refermant l’écran, que je n’avais presque rien vu du lieu où j’étais?

Dans la frénésie des appels, des échéances et des notifications, j’avais traversé l’endroit comme un fantôme. 

Être partout, oui.
Mais sans jamais être vraiment quelque part.

Le télétravail en mobilité promet la liberté géographique. Mais sans intention, il peut créer une mobilité dispersée plutôt qu’une présence réelle.

Quand la mobilité devient dispersion

Je trouve magnifique de pouvoir bouger, de ne pas être enfermée dans un bureau fixe. Le nomadisme numérique ouvre des possibilités extraordinaires.

Mais à force de courir après la nouveauté, on finit parfois par ne rien vivre en profondeur.

On enchaîne les lieux comme on collectionne des timbres : vite, trop vite. Le travail devient portable, mais nous restons prisonniers d’une logique de productivité qui nous empêche d’habiter vraiment les endroits.

Le vrai paradoxe du nomadisme moderne est celui-ci :
nous cherchons la liberté, mais sans conscience, cette liberté peut se transformer en dispersion.

Être mobile ne signifie pas être ancré.

S’ancrer temporairement : la clé du SloNomadisme

Alors j’essaie de me poser une autre question :
Et si travailler PARTOUT voulait aussi dire choisir d’être pleinement présente quelque part ?

De plus en plus, je réalise que la richesse ne se trouve pas dans le nombre de destinations visitées, mais dans la qualité de ce que j’y vis.

Passer quelques jours, ou quelques semaines, dans une petite ville.
Marcher.
Discuter avec les gens du coin.
Goûter au rythme du territoire.

C’est là que quelque chose change.

Le SloNomadisme est une approche du travail en mouvement qui privilégie la lenteur, l’ancrage temporaire et la relation au territoire plutôt que l’accumulation de destinations.

Le travail en voyage ne signifie pas errer sans attache.

Il prend tout son sens lorsqu’on choisit de s’ancrer, même brièvement, dans le lieu qui nous accueille.

Déconnexion et créativité : pourquoi ralentir améliore le travail

Voyager avec son ordinateur m’a appris une chose essentielle : pour vraiment profiter d’un lieu, il faut parfois accepter de se déconnecter.

Fermer l’écran une heure.
Sortir marcher.
Observer la lumière.
Écouter les bruits environnants.
Respirer.

Paradoxalement, ce sont souvent ces moments qui nourrissent le plus profondément mon travail.

Les idées émergent.
Les intuitions prennent forme.
Les projets trouvent une autre couleur.

La déconnexion ne nuit pas à la productivité : elle nourrit la créativité et la qualité du travail.

Ralentir n’est pas faire moins.

C’est faire mieux.

Le travail comme manière d’habiter un lieu

On a longtemps pensé le travail comme une activité détachée des lieux. Pourtant, chaque fois que je m’installe pour écrire ou réfléchir, je le fais quelque part : dans ma cuisine, un chalet, un espace partagé.

Ces lieux m’influencent, que je le veuille ou non.

Travailler n’est pas seulement produire.

C’est aussi habiter un espace, même temporairement.

Habiter un lieu, ce n’est pas seulement y dormir. C’est prendre le temps de le découvrir, de l’honorer, d’y laisser une trace respectueuse.

Quand je travaille dans un espace, je ne fais pas que me brancher au Wi-Fi.

Je me laisse traverser par lui.

Et cette rencontre, parfois invisible, nourrit autant mon travail que mes heures devant l’écran.

La lenteur comme richesse durable

Dans un monde où tout s’accélère, choisir de rester plus longtemps dans un lieu devient presque un acte engagé.

Le SloNomadisme s’inscrit dans une logique de tourisme lent et de mobilité durable. Il est bénéfique autant pour le travailleur que pour les communautés d’accueil.

Quand je ralentis :
  • Je découvre des réalités qui m’auraient échappé autrement.
  • Je crée des liens.
  • Je m’imprègne d’un rythme qui n’est pas le mien.
Être présente quelque part, c’est aussi un cadeau aux communautés qui m’accueillent.
C’est participer à leur économie, mais aussi à leur vie, même modestement.

Notre mobilité peut être respectueuse, enrichissante et durable.

Invitation

La prochaine fois que tu installeras ton ordinateur dans un café, un chalet ou une auberge, prends un instant pour lever les yeux.

Observe ce qui t’entoure.
Et pourquoi pas, déconnecte-toi pendant une heure.

Demande-toi :
Es-tu simplement en train de travailler ailleurs, ou es-tu vraiment ici ?

Parce que travailler PARTOUT, ce n’est pas seulement se déplacer. C’est choisir d’être pleinement présent, et parfois de te déconnecter pour mieux observer, penser et créer, là où tu es.

– Julie, co-fondatrice de PARTOUT chez nous  🏡  🧑‍💻  🗺️ 


Série SloNomades (1/4) : Travailler PARTOUT tout en étant vraiment présent quelque part
Julie Houde February 11, 2026
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