Repenser la façon d'habiter notre propre temps
La semaine dernière, j’avais un rendez-vous d’affaires le vendredi matin avec Jean-Philippe, mon associé et ami, dans la région de Québec. On avait très hâte à ce rendez-vous, mais le déplacement en semaine causait un peu problème. Ça empiétait sur le temps de travail.
Et pourtant, la manière dont la journée s’est déroulée m’a fait réaliser quelque chose.
Mon chum et moi, on est partis la veille en fin de journée, sans se presser, avec l’envie de se rapprocher tranquillement. On s’est arrêtés manger sur le pouce à mi-chemin, puis on a continué la route en prenant le temps de jaser. On a dormi à l’Île d’Orléans, un endroit que j’aime particulièrement. Il y a quelque chose là-bas qui ralentit naturellement le rythme.
Le lendemain matin, on s’est retrouvés pour déjeuner, Jean-Philippe, mon chum et moi. On s’est installés dans un café et on a pris le temps, vraiment. On a parlé de nos projets, bien sûr, mais aussi de plein d’autres choses. Les discussions débordaient, glissaient vers des sujets plus philosophiques. On était relaxe avant même de commencer notre journée.
Après ça, on a eu notre rendez-vous d’affaires. C’était simple, fluide, efficace. Vers midi, Jean-Philippe a repris la route, et de notre côté, mon chum et moi sommes allés dîner ensemble, sans se presser.
L’après-midi s’est déroulée chacun à notre rythme. Il s’est trouvé un endroit calme et confidentiel pour son appel, pendant que je me suis installée dans un café pour continuer ma journée de travail. J’aime travailler comme ça, dans un lieu vivant, avec des gens autour. (Oui, oui il y avait beaucoup de va-et-vient dans le café, j'ai pris la photo en fin de journée 😊). On sent qu’on fait partie d’un tout, surtout en cette période hors saison et très pluvieuse. J’ai l’impression de contribuer, à ma façon, à la vie locale, simplement en étant là.
Sur la route du retour, on s’est arrêtés pour souper à Trois-Rivières, dans un bistro du centre-ville, installé dans une vieille maison qu’on aime bien. Ça fait quelques fois qu’on y va, pas juste pour manger, mais pour l’ambiance et la qualité de la nourriture locale.
Puis on est repartis, tranquillement, jusqu’à chez nous, dans Lanaudière.
En arrivant, j’ai dit à mon chum que j’avais l’impression que le week-end était terminé. Et en même temps… il ne faisait que commencer.
C’est ça qui m’a frappée.
J’avais travaillé, j’avais eu un rendez-vous, j’avais avancé. Mais je n’avais pas l’impression d’avoir “perdu” ma journée. Je n’avais pas besoin de décrocher de quoi que ce soit. Je n’avais rien à récupérer.
Ces derniers temps, je réfléchis beaucoup à mon rapport au travail et au temps. En lisant Do Nothing de Jenny Odell, j’ai réalisé à quel point on a intégré, souvent sans s’en rendre compte, que chaque moment devrait être utile, productif, presque rentable.
Quand le temps devient de l’argent, on oublie qu’il est aussi… de la vie.
Et pourtant, cette journée-là ne l’était pas, du moins pas au sens habituel. Elle était simplement habitée, du début à la fin.
Le travail y avait sa place, mais il ne prenait pas toute la place. Il s’intégrait à la vie, aux lieux, aux relations. Le week-end n’était pas là pour compenser quoi que ce soit. Il était juste là, dans la continuité.
On a passé les jours suivants tranquillement, à la maison, à faire ce qui nous plaisait : marcher, prendre l’air, lire, cuisiner. Et ça m’a fait du bien de réaliser que c’est possible.
Qu’on peut travailler autrement, voyager tout en travaillant, ralentir sans arrêter de contribuer.
Peut-être que la vraie question n’est pas de savoir combien d’heures on travaille, mais plutôt ce qu’on fait de notre temps, et comment on choisit de le vivre.
Et toi... comment habitues-tu ton temps?
– Julie, co-fondatrice de PARTOUT chez nous 🏡 🧑💻 🗺️