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Pourquoi le golf inspire confiance, et le télétravail, des doutes ?

August 17, 2026 by
Pourquoi le golf inspire confiance, et le télétravail, des doutes ?
Julie Houde

Le golf d'affaires est accepté depuis longtemps comme une pratique professionnelle légitime, personne ne remet en question qu'un après-midi sur le terrain serve la relation d'affaires. Le télétravail dans un lieu inspirant, café, gîte ou nature, repose sur le même principe : changer de décor pour mieux travailler. Pourtant, on l'accorde facilement aux dirigeants et on le questionne chez les employés. Cet article explore pourquoi, à partir de la recherche sur le biais de proximité et la confiance au travail.

Un dirigeant annonce qu'il part en fin d'après-midi rejoindre un client sur un terrain de golf. Personne ne lève un sourcil, on y voit même une preuve de sérieux : du temps investi dans la relation, un cadre agréable pour parler affaires sans la pression d'une salle de conférence.

Une employée demande à finir sa journée dans un café, un gîte ou en pleine nature, pour respirer et mieux se concentrer. Dans bien des organisations, on questionne son sérieux.

Deux personnes, le même besoin au fond : changer de lieu, ralentir un peu, pour mieux travailler. Un seul obtient la bénédiction du milieu des affaires. Qu'est-ce qui rend l'un légitime et l'autre suspect ?

Le golf, un précédent qu'on ne remet jamais en question

Le golf d'affaires est une institution : neuf PDG de grandes entreprises sur dix y jouent, et la majorité disent que ça les aide à bâtir des relations d'affaires [1]. Personne n'exige qu'un tournoi soit justifié ligne par ligne dans un rapport de productivité. On accepte simplement qu'un après-midi loin du bureau, à un rythme détendu, soit un investissement qui rapporte.

Le même relâchement, refusé ailleurs

Voilà le paradoxe. Le principe qui rend le golf légitime, changer de décor, ralentir pour se concentrer sur l'essentiel, est exactement celui qu'on refuse encore à un employé en télétravail. Et ce n'est pas de la mauvaise foi : près de la moitié des gestionnaires admettent oublier les employés à distance au moment de répartir les tâches, alors même que ces employés sont en moyenne 15 % plus productifs que leurs collègues au bureau [2]. La visibilité, on dirait, compte plus que le résultat livré.

Une question de confiance, pas de sérieux

Des chercheuses américaines l'ont bien montré : en privé, la plupart des gens perçoivent les personnes qui demandent un horaire flexible comme engagées, fiables et dévouées, mais croient à tort que « les autres » les jugent plus sévèrement. Ce malentendu s'efface presque aussitôt qu'on apprend qu'un cadre supérieur travaille lui aussi de façon flexible [3].

Autrement dit, la légitimité ne vient pas du travail accompli, mais de la position qu'on occupe déjà. On se permet un tournoi parce qu'on n'a rien à prouver. On hésite à accorder un après-midi inspirant à un employé qui, lui, doit le prouver chaque jour.

Ce que le changement de lieu fait vraiment

Et pourtant, sortir du bureau n'a rien d'anecdotique. Les employés qui ont expérimenté le travail en extérieur, réunions en plein air, marches pour réfléchir, lecture dehors, se disent plus alertes, plus concentrés, plus créatifs, avec un vrai sentiment de récupération face au stress. Le seul frein observé n'était pas l'efficacité : c'était la culpabilité d'avoir du plaisir en travaillant [4]. D'autres recherches arrivent à la même conclusion : le temps passé dehors, et le plaisir qui en découle, nourrit directement l'engagement et la créativité [5].

Rien de surprenant pour un SloNomad (la personne qui télétravaille en mouvement, au rythme du tourisme lent), tu le sais déjà dans ton corps autant que dans ta tête : une heure de travail dans un café de village ou un gîte au bord de l'eau ne te déconcentre pas, elle te ramène à l'essentiel, une heure à la fois, quelques jours ou plusieurs mois, selon ton rythme.

Réinventer la norme, PARTOUT

Le télétravail dans un lieu inspirant ne devrait pas être réservé à ceux qui n'ont plus rien à prouver. C'est une façon de mieux travailler, et elle devrait être aussi légitime pour un employé que pour un dirigeant.

Le plus troublant, c'est que ce privilège est souvent inconscient. Un dirigeant qui part au golf ne se demande pas s'il en a le droit : cette confiance-là lui est acquise, elle ne se remarque même plus. Et c'est peut-être ça, le vrai problème : tant que ce deux poids, deux mesures reste invisible pour ceux qui le vivent du bon côté, rien n'oblige à le questionner.

Et si la vraie mesure de la confiance qu'on accorde à quelqu'un, ce n'était plus où il travaille, mais ce qu'il livre ? Réinventer son quotidien, PARTOUT, ça commence peut-être exactement là.


Questions fréquentes


Pouvez-vous faire confiance à nos partenaires ? 

Pourquoi les dirigeants ont-ils plus de liberté pour changer de lieu de travail que leurs employés ? Ce n'est pas une question de résultat livré, mais de confiance accordée selon la position occupée. La recherche montre que la désapprobation perçue envers le travail flexible diminue nettement dès qu'on sait qu'un cadre supérieur le pratique aussi, la légitimité suit l'exemple donné en haut de la hiérarchie.

Est-ce que travailler dans un café ou en nature nuit à la concentration ? 

Non, c'est plutôt l'inverse. Les études montrent que le travail hors du bureau habituel est associé à plus d'alertes, de concentration, de créativité et à une vraie récupération du stress, le seul frein observé n'était pas l'efficacité, mais la culpabilité ressentie à en tirer du plaisir.

Est-ce que le golf et le télétravail sont vraiment comparables comme pratiques de travail? 

Pas entièrement, et c'est une nuance qui vaut la peine d'être posée. Le golf sert surtout à bâtir une relation d'affaires, alors que le télétravail dans un lieu inspirant sert d'abord la concentration et la productivité individuelle. Mais les deux répondent au même principe : changer de décor et ralentir le rythme pour mieux travailler, que ce soit pour une relation ou pour un résultat. La vraie question n'est pas de savoir lequel est "le vrai travail", c'est de reconnaître que les deux en sont.


Julie est cofondatrice de PARTOUT chez nous, 
un réseau québécois qui connecte les télétravailleurs 
à des lieux inspirants pour travailler autrement.

À lire aussi : 

  1. Le plan B, c'est le vrai plan
  2. Trois semaines en Gaspésie
  3. Découvrir l'application SloNomad

Sources

Pourquoi le golf inspire confiance, et le télétravail, des doutes ?
Julie Houde August 17, 2026
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